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Pièce de réemploi : ce que préparent les assureurs
Après-Vente /  Assurance - 11/09/2009
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Les assureurs réclament une implantation croissante de la pièce de réemploi. En pointe dans le domaine, la Macif effectue des tests qui dessinent ce que devrait être ce marché.

La Macif a présenté sa préfiguration du marché de la pièce de réemploi (PRE)  à l’occasion du séminaire de rentrée de l’Alliance nationale des experts en automobile, à La Baule (44), par la voix de son directeur Assurances Dommages, Alain Martel. La mutuelle a passé, dans sept régions, des conventions avec 68 démolisseurs. Elle a mis à profit ces rapprochements pour définir les contours du marché de la pièce de réemploi auquel, avec d’autres compagnies, elle aspire sur la foi d’expériences d’autres pays, comme la Suède, la Norvège. Elle considère même l’émergence de ce marché «indispensable au regard de l’évolution des coûts moyens de sinistre».

 

 

 

L’accroissement de la pièce de réemploi aurait plusieurs avantages. Il réduirait la charge sinistre -«l’espérance de gain pourrait être de 50 % par rapport à la pièce neuves»- et, donc, en fin de chaîne, la prime du sociétaire, d’autant que «le montant des franchises va inexorablement croître, ce poste étant pratiquement la seule marge de manœuvre des assureurs», a indiqué A. Martel. Il assurerait la survie des démolisseurs et permettrait de maintenir le tissu des réparateurs multimarques et d’accroître leur chiffre d’affaires. 

 

 

 

Alain Martel indique que l’essor de ce marché ne peut se faire qu’à condition que la PRE ne s’implante plus seulement sur les véhicules économiques irréparables mais également sur les véhicules réparables. La mutuelle vise les modèles de plus six ans. Elle fixe d’autres impératifs pour qu’un «véritable marché» prenne forme. En tout premier lieu et avec force, Alain Martel évoque la mise en place d’une infrastructure informatique qui puisse garantir la traçabilité des pièces, la localisation du fournisseur…, et on sait que les démolisseurs sont loin d’être experts dans ce domaine. Ce déficit fait dire que, dans l’immédiat, seuls les démolisseurs de dimension nationale pourraient être initiateurs et acteurs.

 

 

 

Le chiffrage est, évidemment, un point crucial. Comment pourrait-il être établi ? Trois possibilités existent, a indiqué la mutuelle. «La première est le mode actuel, au coup par cour, de gré à gré, et localement. La seconde serait de créer un argus de la pièce d’occasion. La troisième serait de fixer les prix, chaque année, à partir d’un pourcentage du prix de la pièce neuve, comme cela se fait dans les pays nordiques.» La Macif pose également comme incontournable une garantie contractuelle de 12 mois.

 

 

 

Alain Martel n’a pas manqué de mentionner les freins à l’essor de la PRE. Au premier plan, la pression des constructeurs en faveur de la pièce d’origine qui font de leur “poids” dans ce domaine une singularité française. Pour autant, la Macif estime que la période est propice pour faire naître ce marché : «La crise sert de turbo», a invoqué son représentant. Les tests que la mutuelle, les échanges qu’elle a établis avec la branche Recyclage du CNPA la placent au premier rang de cette recherche «mais d’autres compagnies travaillent également sur le sujet.» 

 

 

 

Joseph Gicquel
 
  

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